20.7.09


La Garden Nef Party, donc.
Accrochez vous, on va en avoir pour un certain temps.



Je vous passerai le trajet en voiture avec Antoine le Mec Sympa & Antoine qui n'a pas de blog, malgré quelques moments amusants tels que 'hey si on piquait la bannière presse du Spar ? Ya personne pour surveiller & ça sera marrant à côté de notre tente' (précision : on l'a pris mais jamais sorti de la voiture, bande de lopettes que nous étions). Arrivée sur le site, j'ai déjà mon pass, et arnaque le système en ne payant pas mon camping, puis je file à l'espace presse récupérer mon planning. Pas de promo pour ce que j'avais demandé, Phoenix ne fait que trois interviews, mais conférence de Franz Ferdinand. Je commence donc à repartir au camping, moitié déçue, sauf que mon portable vibre et 'en fait on a réussi à t'avoir Phoenix mais c'est dans dix minutes ça te va ?' et ohputainohputainohputain en dix minutes il faut que je retourne au camping choper le mp3 enregistreur d'Antoine, puisqu'oubli du mien, et que je revienne jusqu'à l'espace presse. Jamais de ma vie n'ai je couru aussi vite. Je me suis impressioné. Et je crois que ça a fait un drôle d'effet aux festivaliers de croiser une espèce de fusée en jupe à fleurs traversant le site en marmonnant ohlalalaohmerdeohmerde. Enfin bref. Je me pointe neuf minutes après le coup de fil, en sueur, haletante, et rouge comme une tomate devant la chargée de com'. Apparement, il y a un problème d'organisation, donc il va falloir attendre un peu. Gnrf. Cinq, dix, quinze minutes plus tard, je finis par vraiment m'inquièter, et ce qui devait arriver arriva : tous ces décalages de planning ont chamboulé l'emploi du temps de Phoenix, donc les interviews doivent sauter. Mégagnrf. Je repars errer je ne sais ou, (comprendre : boire au camping), puis me repointe pour la conférence des écossais.
Ce qu'il faut savoir, c'est que 1) Je ne pensais pas qu'ils allaient faire de promo et 2) Je n'avais préparé qu'une question, vu que pour moi dans ce genre de situations c'est déjà beau de pouvoir caser une phrase, donc plus n'y pensons même pas. Boy, I was wrong.

J'arrive dans la salle, et déjà on me regarde vraiment mal, probablement parce que ma jupe est trop courte et que mes dix sept ans représentent approximativement la moitié de la moyenne d'âge des journalistes présents, mais je tiens bon, m'installe au premier rang, et sors mon carnet. J'en profite également pour lancer un regarde en coin à celui de mon voisin, et coup de stress, la page A4 est remplie de divers gribouillage & amorces de questions. Histoire de ne pas trop faire touriste, j'en trouve trois autres, et en anglais, vu que contrairement à ce que je pensais, il n'y a pas de traducteur - ce qui est loin d'être une mauvaise chose, soit dit en passant.
La porte finit par s'ouvrir, et Alex Kapranos nous salue, gobelet de café à la main, puis s'asseoit juste en face de moi. Je t'avouerai qu'il m'a fallu dix bonnes secondes avant de pouvoir respirer à nouveau, mais je suis sûre que ça aurait été pareil pour toi donc te moque pas, oh. Passons.
Le gentil blond s'installe donc, et dix des onze personnes présentes commencent à s'affairer, mettent leurs micros en place, testent leurs caméras et parlent en termes techniques. Je laisse échapper un petit rire en pensant à l'instant ou je sortirai mon Creative, et Kapranos essaie de comprendre ce qui m'arrive - je lui rend donc un espèce de regard mi mystérieux mi espiègle et sors le mp3 de ma poche d'un geste théâtral, ce qui le fait rire, et relever le nez de son café. Ca commence bien. Monsieur 'j'ai 45 questions à poser et l'air de me prendre pour quelqu'un de trrrès important' prend la parole, et wahou il envoie du rêve : "so...how do you feel in this rainy Garden Nef Party ?" suivi d'un "Do you think it is rock'n'roll to play under the rain ?" - du beau, du grand. Il semble ensuite à court d'insipration, et c'est visiblement moi qui doit suivre. Je sens les vilains regards se poser sur moi, inspire un coup, et lui parle de Tonight qui est plus electro que les précédents, essayant de savoir si c'était juste quelque chose qu'ils voulaient essayer ou s'ils pensaient explorer cette piste dans le futur. C'était sensé être ma question bateau de début d'interview, mais en fait c'est plutôt bien passé, d'autant que c'était quand même plus intéressant que la pluie et le beau temps, globalement. Il finit sa réponse, attend une autre question, grand silence. J'enchaîne donc sur une deuxième, puis une troisième, puis une quatrième, vu que personne n'a l'air motivé pour parler. En fin de compte, c'est même pas une conférence de presse, c'est juste une interview de Franz Ferdinand par moi même, avec un public assistant à la discussion. Etrange, comme scène. Blanc final, je me retourne vers les autres, et une fille finit par se lever, caméra au poing, bafouille et tente d'articuler quelque chose comme "hihihi sorry I'm impressed hihihi but I have a friend called Joesphine who's a big fan of your music so do you think you could say hello Josephine to the camera ? hihihihihi", puis trois ou quatre autres se lèvent, et demandent s'ils peuvent prendre une photo avec lui, donc vas y que je te sors les appareils numériques et les Iphones, enfin ce qui se passe n'a absolument aucun sens, et ça me fait un peu peur, donc je dis au revoir avec la tête au fantastique Alex et m'en vais voguer vers de nouveaux horizons.


Bon alors si tu veux tout savoir, je suis en train de préparer un compte rendu des concerts pour le MDMA, donc j'ai un peu la flemme de refaire exactement la même chose ici - on se contentera d'un petit résumé.
Phoenix c'était génialissime, et ce malgré l'heure trop peu tardive et ma sobriété - probablement un peu trop court, et pas assez de chansons du nouvel album à mon goût, mais fantastique nonetheless, en partie grâce au charisme de Thomas Mars. Oui, et de son corps parfait aussi, bien entendu.
Blood Red Shoes c'était magique aussi, et ça m'a vraiment fait plaisir de pouvoir les revoir en connaissant leur album sur le bout des doigts, donc même si les pogos m'ont agacé, et l'absence de Take The Weight déçue, l'ensemble m'a franchement convaincu. Et puis la chevelure platine de Steven, nom de Dieu.
Franz Ferdinand je suis un peu partagée, parce qu'objectivement c'était sûrement le meilleur concert du festival, mais j'ai plus l'habitude d'enchainer deux concerts sans pause, et ça remuait beaucoup trop pour moi dans les quarante premiers rangs donc il a fallu que je choisisse entre me faire méchamment marcher sur les pieds et ne rien voir du tout, donc pendant cinq ou six chansons au milieu du set je suis allée végéter au coin presse, et me suis retrouvée à parler du métier de journaliste et de la musique actuelle avec un type de GQ & Trax, ce qui était presque plus intéressant que le concert en lui même, en fait. J'ai quand même fini par aller voir le rappel, qui m'a bien plu, il faut le dire.
Je profite également de la fin du concert pour retrouver Juliet La Reine Morte, et l'on retourne tous au camping histoire de ne pas se retrouver trop sobres trop tôt - j'en profite pour passer un coup de fil à Steven pour savoir s'il veut aller boire un verre. Je sens qu'au début il ne resitue pas tout à fait la Margaret de Nantes, mais je finis par avoir droit à un "Oh my God ! Hello Cockney !", donc oui, en plus de se souvenir de moi, il se souvient du vilain surnom qu'il m'avait donné, youpi. Toujours est il que l'on se donne rendez vous au bar VIP une demie heure plus tard, temps qu'il lui faut pour trouver l'endroit, d'après ce que j'en comprend. Vive l'alcoolisme.
Je m'y rend donc peu après, et stationne à l'entrée avec Juliet & Jens, quand l'ami Kapranos sort, me voit, s'arrête un peu & lance vaguement la conversation. Nous restons quelques minutes à parler du festival, de l'interview, et autres banalités, puis il finit par s'en aller. Je me retourne vers mes deux comparses qui avaient apparement arrêté de respirer lors de la présence de l'écossais, et tentent tant bien que mal de décrocher le sourire béat s'étendant sur leurs visages. Je minaude un peu, puis m'en vais retrouver l'autre platine. Je m'installe au bar, commande une bière, bois ma bière, apprécie de moins en moins le tête à tête avec cette bière vide, en prend une autre, et décide de lancer une petite opération commando.



Ce qu'il faut savoir, c'est qu'à la Garden Nef Party, un simple pass VIP ne donne pas accès aux loges - ce qui parait normal, en même temps. Il serait également utile de préciser qu'au moment précis ou mon opération commando est lancée, je suis franchement ivre.
Je m'en vais donc essayer de convaincre le vigile de me laisser passer, sachant que ça ne prendra que deux secondes et demie, et que comprenez moi, je dois rejoindre quelqu'un et je n'ai plus de forfait, et il est probablement beaucoup trop soûl pour trouver notre point de rendez vous, donc vous seriez vraiment adorable si vous pouviez bla bla bla. Réussite totale de la mission, la garçon me laissant rentrer en me faisant promettre de ne pas rester trop longtemps. Yahou.
Sauf que - et je ne l'avais vraiment pas prévu, ça - il y a un autre barrage sécurité entre l'espace arrière scène et les loges. Je relance le même discours, sauf que le vilain, vilain vigile ne veut rien entendre, et m'interdit formellement de passer. Je suis prête à lui laisser mon sac et ma bière en caution, mais non, toujours pas. Alcool aidant, je clos la conversation en lui expliquant que ce n'est franchement pas sympa de sa part, mais qu'il ne se rend pas compte des ressources que je suis capable de mettre en oeuvre. (à retenir avant la suite : j'ai vraiment beaucoup trop bu - vous comprendrez quand vous lirez)
Je m'asseois gentiment à côté de mon nouvel ennemi, et me retrouve face à Robert Hardy, bassiste Franz Ferdinand de son état. La première idée qui me passe par la tête ? (attention c'est du lourd) : Excuse moi, désolée de te déranger, mais pourrais tu me rendre un service ? Non parce que tu vois je dois rejoindre quelqu'un et blablabla donc pourrais tu aller le voir de ma part pour lui dire que je suis bloquée à l'entrée ? Donc oui, j'avais un FF sous la main, adorable, d'ailleurs, et tout ce que j'ai trouvé à faire, c'est l'envoyer en mission pour moi. Bien joué, Margaret. Je retourne donc m'asseoir, commence à m'ennuyer et (attention là c'est encore plus fort que le coup Robert Hardy) décidé d'entamer la conversation avec le jeune homme situé à côté de moi, ayant l'air de s'ennuyer lui aussi. Il s'avère être très sympathique, donc je raconte un peu ma vie, lui aussi, on parle du festival, de la pluie et du beau temps, je fais des petites blagues, mais il doit s'en aller - il a des choses à faire. Soit. Je me félicite de cette nouvelle amitié, quand cet opposant notoire qu'est le vigile vient me voir, léger sourire au lèvres, pour me faire : "Mais tu sais à qui tu parlais ?" "Ah non du tout mais en tout cas c'était un type charmant" "C'est normal, c'est l'organisateur du festival" "Ah. Oh. Putain. Merde. Ok. Euh. Ouais"
Heureusement, j'aperçois Steven arriver, ce qui me donne une bonne excuse pour arrêter de penser à la bourde que je venais de faire. Il sort donc, me rejoins et hey ça fait longtemps bla bla comment ça va bla bla - je me permet d'ailleurs de lancer un petit regard en coin à l'abominable vigile qui me riait au nez quand je disais que je connaissais effectivement quelqu'un de l'autre côté de la barrière - on s'asseoit le temps de boire un verre, et j'avais bien deviné, il est carrément ivre mort. Je pense ne l'avoir jamais vu comme ça, quoique les autres fois je devais juste être dans le même état que lui , en fait. Toujours est il que l'on entend les premières notes de Boss Hog (enième side project de Jon Spencer), et Steven veut absolument les voir donc on se mouve vers le côté de la scène, sauf qu'une autre membre de la coalition des vilains vigiles nous arrête, et explique qu'avec mon pass je n'ai pas accès à cette partie du festival. Gnrrrrf. J'essaie de négocier, ça ne marche pas, Steven prend le relai, ça ne marche pas non plus, l'ingé son des BRS tente aussi, mais échec, donc les deux garçons m'abandonnent, le temps du concert, de toute façon on se rapelle après. Je reste un peu devant la barrière, histoire de renégocier un coup, sait on jamais, lorsqu'Alex Kapranos pointe le bout de son nez : "Oh hey ça va ? Je vais voir Boss Hog, tu viens ?" - j'explique que je ne peux pas passer, la faute à l'abominable vigile, donc lui aussi essaie de lui expliquer que ça ne risque pas de changer la face du monde s'il me laisse passer le temps du concert, mais non, non, nada, niet, ça ne sert à rien. Il m'abandonne donc lui aussi, promet qu'on se recroisera de toute façon, et m'en vais voguer dans le festival, le temps de me changer les idées et nier ma frustration, sauf qu'éclair de lucidité : je n'ai plus une goutte de forfait, donc impossible d'appeler Steven, ou même de recevoir un appel, vu que les communications anglaises pompent aussi sur mon forfait. Je piqueune petite crise intérieure, parce que putain de bordel de merde festival à la con j'en ai marre de la vie je peux même pas retrouver mes amis et tfaçon ranafout' puisque c'est ça je vais me coucher. Dont acte. Je vous laisse donc imaginer la tête que j'ai fait quand Antoine, revenant du concert de Boss Hog, me fait "Hey t'as vu pendant le concert il y avait Steven & Alex Kapranos du côté de la scène !" (pour info, j'ai juste grogné très fort, et ai rentré ma tête dans mon duvet dans une crise d'autisme/mutisme assez poussée)



Ca, c'est le résumé de la deuxième journée. Vu qu'il n'y avait aucun groupe qui m'intéressait vraiment, ou de conférence de presse potentiellement marrante, j'ai passé ma journée à fumer, boire et dormir. Quoique, j'ai quand même vu les Gossip pour la énième fois, et c'était aussi décevant que l'album, puis John & Jehn c'était nul, Cold War Kids j'en ai très rapidement eu marre, et je crois que c'est tout.

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15 comments:

Juliet said...

"L'alcool faisant, des appels de soutien anonyme furent également passés à cet innocent Jack/Foals."
J'attends la suite avec impatience sinon. Et l'interview sur le MDMAzing.
(en parlant d'interview tu as eu raison de partir faire la sieste en début d'aprem samedi, parce que notre interview alcoolisée est manifestement sur le site de Charente Libre, on ne parvient pas à la visionnner pour l'instant mais c'est un peu la mégagonte visiblement.)

valentine said...

Je viens de voir la vidéo (interview de la honte ça m'intéresse toujours, mais il y a vraiment pire ^^), j'ai beaucoup aimé la fin de l'interview avec la petite allusion rapide à Damon Albarn ...

Anonymous said...

Et la banniere presse elle est devenue quoi alors?

Margaret S. said...

Aucune idée !

Salomé said...

J'ai abandonné au bout de 5 paragraphes...

Anonymous said...

en lisant ces trucs la jai l'impression de vivre à travers quelqun d'autre, et c'est ma foi assez glauque !

Margaret S. said...

Salomé : Oh déconne pas, le plus drôle c'est à partir de la photo de Boss Hog !
Anonyme : T'es pas le premier à me dire ça, et je dois avouer que ça m'intrigue un peu. Faudrait peut être que je me recycle dans un nouveau genre type "les histoires donc vous êtes le héros"

Anonymous said...

non il n'y a rien d'intriguant, c'est juste hyper prennant et quand tu finis l'article tu te dis mais je suis glauque, je viens de passer 20 minutes à lire les détails de la vie d'une fille que je ne connais meme pas ..

Margaret S. said...

En même temps, je passe au moins une heure et demi par article à raconter des épisodes de ma vie dans les moindres détails à des gens que je ne connais pas, donc dans le genre glauque...

Salomé said...

Oh je viens de lire le dernier paragraphe quand même et objection! Le dernier album des Goxxip, je me le passe en boucle depuis des semaines, il est fantastique!

Inutile said...

je trouve assez juste ce que dit l'ami anonyme, c'est chaud patate des fois quand tu sort de dix minutes à l'intérieur d'un bout de ta vie (un bout ou tu tape la discute aux FF) et que tu reviens dans la tienne ou bouger ton cul pour faire la vaisselle est la principal projet du jour.
C'est malgré tout assez normal étant donné que le concept même du blog se résume souvent a quelqu'un qui expose sa vie d'un coté et quelqu'un qui la suit fidèlement de l'autre.
Je sais toujours pas si c'est super cool, d'une glauquerie sans nom ou juste un peut bizarre.

Juliet said...

Alors c'est toi qui a suggéré qu'on l'appelle et Jens qui s'est senti obligé de laisser un truc très inspiré alors. Parce que moi je ne suis pas du tout comme ça évidemment. Le pauvre Jack, déjà qu'il ne devait vraiment pas être en bon état, j'ai toujours peur que ça l'ait vraiment achevé.


@Valentine : je sais toujours pas pourquoi je me suis sentie obligée de mentionner Damon d'ailleurs.

Antoine (l'autre) said...

Beh la bannière jsais tjr pas quoi en faire au pire je l'emmène pr la route du rock (même si je pense que ça serait encore moins bien vu qu'à la GNP donc qu'on n'y touchera pas encore une fois...)
On peut tjr la déposer dvt un spar et partir en courant :p

Eithne Yvy said...

bon si l'ami écossais est sympas et fais de la promo, j'ai peut-être mes chances pour novembre!
je me suis fais draguer par David de AutoKratz à la RDR très bizarre comme situation.

Y. said...

Margaret quand je lis tes posts j'ai l'impression d'avoir (déjà) raté ma vie.

 
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